Chateau de Canisy

Histoire

Un haut lieu d’histoire

Le château actuel de Canisy s’élève sur les vestiges d’un ancien château féodal du XIᵉ siècle, dont seules quelques tours subsistent encore aujourd’hui. C’est au XVIᵉ siècle qu’Hervé de Carbonnel entreprit de transformer cette forteresse médiévale, en s’inspirant du château de Torigni. Il fit appel à l’architecte François Gabriel, ancêtre de la célèbre lignée qui édifiera quelques décennies plus tard le château de Versailles et le Petit Trianon.

Hervé de Carbonnel confia à François Gabriel la reconstruction complète d’une aile du château dans le style Renaissance, en utilisant une pierre locale remarquable : le « poudingue », extrait des carrières des Troisgots, également employé à Torigni. Aujourd’hui, Canisy figure, aux côtés du château de Dampierre et des ruines de Torigny, parmi les rares édifices français dont les façades ont été bâties avec cette pierre singulière. Gabriel y réalisa également un majestueux escalier en granit, desservant la galerie du premier étage.

Haut lieu de prestige, le château de Canisy a vu défiler, au fil des siècles, de nombreuses figures illustres. C’est notamment le maréchal Jacques II de Matignon qui aurait organisé une rencontre décisive entre le roi Henri III et Henri de Navarre, futur Henri IV, afin de préparer la succession au trône. À cette occasion, Henri de Navarre aurait séjourné au château. D’autres personnalités marquantes s’y rendirent également, en raison de liens familiaux étroits, comme le maréchal de Matignon ou encore Alexis de Tocqueville, cousin de Louis-Gabriel de Kergorlay, avec lequel il entretint une correspondance particulièrement riche.

Plus récemment, des personnalités royales de renommée internationale ont été reçues au château : le prince Albert II de Monaco, le roi et la reine de Belgique, ainsi que l’impératrice Masako du Japon.

Au XXᵉ siècle, le château fut au cœur des événements dramatiques de la Seconde Guerre mondiale. Il fut d’abord occupé par les troupes allemandes, puis, après l’opération Cobra, réquisitionné par l’état-major du général Omar Bradley, commandant du 1er groupe d’armées américain, ainsi que par le major-général James Rudder, héros de la Pointe du Hoc. Le château servit également d’hôpital militaire pendant cette période.

Le château de Canisy se situe aujourd’hui à proximité des sites emblématiques de la bataille de Normandie, rendant hommage aux combats du Débarquement de 1944. Parmi ces lieux de mémoire figurent le Mémorial de la Paix à Caen, les plages du Jour J, ainsi que le cimetière militaire américain, autant de repères essentiels de l’histoire contemporaine du XXᵉ siècle.

 

Marquis de Faudoas - Chateau de Canisy
Chateau de Canisy
Chateau de Canisy
Chateau de Canisy

Une tradition d’hospitalité

Le château de Canisy entretient une relation privilégiée avec les États-Unis et perpétue une tradition d’hospitalité remarquable. Au fil des années, il a accueilli de nombreuses personnalités de renom, parmi lesquelles Robert McNamara, Henry Kissinger, ainsi que plusieurs hauts dirigeants politiques.

Le château de Canisy entretient également des liens étroits avec l’Asie. Une délégation de la République populaire de Chine, conduite par l’ancien ambassadeur Chai Zi Min, s’est rendue au château. Par ailleurs, Kobayashi Yotaro, émissaire japonais et président de l’ASPEN Institute, a également honoré le château de sa présence dans le cadre des réunions de cet institut. Parmi les visiteurs figurait un ancien compagnon de la Longue Marche de Mao Tsé-Toung.

En raison de son riche passé historique et de sa proximité géographique avec les plages du Débarquement, le château constitue un lieu de mémoire important. Il accueille chaque année des gouverneurs, des militaires, ainsi que quelques vétérans américains et leurs familles lors des commémorations du D-Day. La préservation de ces mémoires se perpétue ainsi avec soin au château de Canisy.

Le domaine a par ailleurs longtemps servi de cadre au prestigieux Normandy Horse Show, qui a reçu notamment la visite de l’infante Elena d’Espagne.

Une vocation culturelle

Enfin, le château reste fidèle à sa vocation culturelle : pendant longtemps, il a eu la chance d’accueillir Laurent Terzieff, à qui une salle de théâtre a été dédiée et qui porte aujourd’hui son nom. Autrefois, le château possédait également un haras et des chevaux. Jean Rochefort, passionné d’équitation et de spectacles équestres, y a lui aussi séjourné, en harmonie avec son art.

De nombreux concerts sont organisés dans le salon de musique, rassemblant des artistes tels que la pianiste Anne Queffélec ou encore la harpiste Lily Laskine, qui y a même laissé sa harpe.

Joan Baez, icône de la musique folk et figure emblématique des luttes pour les droits civiques, entretint une profonde amitié avec la famille de Kergorlay. Invitée régulière du Château de Canisy, elle y trouvait un havre de paix propice à la réflexion, à la création et à l’engagement. Sa présence au domaine incarne l’esprit d’ouverture culturelle et d’humanisme qui anime ce lieu, comme en témoigne cet article de Ouest-France.

Pendant vingt ans, une fête de la musique a été organisée à l’initiative du comte, réunissant de nombreux musiciens répartis dans les différentes salles du château.

Un château habité depuis 1000 ans par la même famille

Les propriétaires du château, le comte et la comtesse de Kergorlay, ainsi que leurs enfants Marie-Victoire et Henry-Louis, sont les descendants de compagnons de Guillaume le Conquérant (Hugues et Hubert de Carbonnel). Ils comptent parmi leur famille plusieurs personnages célèbres, dont les noms ont été donnés à différentes suites du château, notamment l’impératrice Joséphine, première épouse de Napoléon.

L’un des ancêtres des Kergorlay fut le gendre du célèbre Charles Carroll de Carrollton, signataire de la déclaration d’indépendance des États-Unis.